Bac philo

Dix locutions latines (et philosophiques) expliquées simplement

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Dix locutions latines (et philosophiques) expliquées simplement

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Il n’y a pas que les pirates d’Astérix ou les pages roses des anciens dictionnaires Larousse qui savent manier les locutions latines… Les philosophes aussi. Voici un florilège de quelques formules célèbres expliquées. Un article idéal pour se préparer au bac philo, qui approche !

“Carpe diem”

Mondialement connue, et parfois même tatouée sur un bras ou une épaule, cette locution signifie : « Cueille le jour. » Déjà très célèbre dans l’Antiquité, née sous la plume du poète Horace, on la considère en général comme un résumé de la philosophie d’Épicure – à laquelle il est vrai qu’Horace n’était pas insensible. Mais quel sens lui donner exactement ? Faut-il y voir une exhortation à jouir de chaque instant sans autre préoccupation que celle de son plaisir personnel, ou une invitation à bien réfléchir pour peser ce qui a réellement de la valeur et qui mérite qu’on s’y adonne ? C’est bien le paradoxe de Carpe Diem : pour savoir apprécier la valeur du moment présent et parvenir au bonheur, il faut avoir une pleine conscience du temps qui passe. L’épicurisme n’est pas à confondre avec l’hédonisme !

“Errare humanum est”

Parfois attribuée au philosophe Sénèque, on trouve cette formule ou ses équivalents chez plusieurs auteurs, notamment Cicéron ou saint Augustin ; et « l’erreur humaine » en question n’est pas seulement une erreur intellectuelle, mais aussi la faute morale, voire le péché religieux. Ne soyons pas trop intransigeants avec ces êtres faibles et faillibles que sont les êtres humains, semble-t-elle nous dire. Cela dit, la suite du proverbe – « …perseverare diabolicum », « il est diabolique de persévérer » – tempère cette indulgence, dans la mesure où celui qui s’entêterait dans ses erreurs sans réussir à se corriger ne serait tout simplement plus humain. C’est pourquoi il faut cesser d’attribuer la paternité de cette formule tout sauf stoïcienne à Sénèque !

“Magister dixit”, “le maître a dit”

Voici une expression que l’on rencontre parfois chez les auteurs du Moyen Âge, plus précisément dans ce qu’on appelle l’enseignement scolastique, où il est fréquent de s’appuyer sur les grands philosophes. Mais parmi eux, il en est un qui jouit d’un prestige incomparable jusqu’au XVIIe siècle : le Maître en question n’est autre qu’Aristote (on trouve également les formules Aristoteles dixit, « Aristote a dit » ou Ipse dixit, « Lui-même a dit »). La formule est l’expression même de ce qui est appelé « l’argument d’autorité », qui consiste à invoquer les propos d’un auteur à la réputation incontestée en guise de preuve de leur véracité.

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