Relations internationales

États-Unis-Europe : vassalisation ou masochisme ?

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États-Unis-Europe : vassalisation ou masochisme ?

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« L’Europe ne peut pas rester un vassal permanent des États-Unis », a déclaré le 15 avril le nouveau vice-président américain J. D. Vance. C’est étonnant, tant le terme de « vassalisation » circule actuellement parmi les analystes et les politiques pour désigner la nouvelle politique américaine. Mais est-ce vraiment le bon terme, alors que l’Europe semble être abandonnée à elle-même ? Analyse. 


Il n’est dans l’intérêt de personne que «  l’Europe soit un vassal permanent des États-Unis ». L’expression ne vient pas du Monde diplomatique, ni de Dominique de Villepin, mais du vice-président des États-Unis, JD Vance, dans un entretien au média en ligne UnHerd paru le 15 avril. « Vassal » : le terme n’est pas anodin. C’est même le mot du moment pour décrire le risque encouru par l’Union européenne face à son nouveau meilleur ennemi américain. Lancée par la revue de géopolitique Le Grand Continent, le terme de « vassalisation heureuse » a été depuis repris par le président français Emmanuel Macron et circule dans les bouches des hauts responsables politiques. Or cette passion soudaine pour la vassalité a quelque chose d’un peu suspect. Que dit-elle de la façon dont l’Europe se représente face aux États-Unis? 

 

Le grand bond en arrière

Le terme« vassal » nous ramène dans un univers fait de châteaux forts, de douves et autres armures poussiéreuses. Bref, le Moyen Âge. En réalité, il appartient à un moment politique plus restreint, la féodalité, qui a marqué durablement l’Europe. Pour le comprendre, il faut remonter au IXe siècle, lorsque les rois francs se rendent compte que le domaine qu’ils ont édifié devient un peu trop vaste et commence à se fragmenter. Ils décident alors de se servir de relais locaux et de s’appuyer sur les relations étroites qu’entretiennent les familles aristocratiques entre elles. Résultat : l’Empire carolingien s’affaiblit à mesure que le patronage, le dévouement personnel et les liens de subordination entre nobles deviennent le ciment des relations politiques. Le droit de commander, de punir ou de lever l’impôt se diffuse alors parmi de petites entités autonomes, organisées autour des châteaux. Localement, les seigneurs s’entourent de vassaux et autres arrière-vassaux pour contrôler leurs terres et assurer l’ordre : c’est le système féodal. 

Si la féodalité, au sens fort, commence à décliner à partir du XIIe siècle, quand les rois de France reprennent du poil de la bête, elle façonne l’imaginaire politique français. D’ailleurs terme de « féodalité » n’apparaît qu’assez tard, au XVIIe siècle, pour désigner l’ensemble des héritages juridiques d’une époque révolue, jugée archaïque dans un siècle du Roi-Soleil en pleine modernisation et marqué par l’absolutisme. Ensuite, les révolutionnaires qualifieront indifféremment de « féodal » tout ce qui dans l'Ancien Régime mérite d'être détruit : archaïsme, mépris de l’autorité publique, clientélisme… Bref, la féodalité est une construction moderne qui sert de vaste repoussoir. 

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