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Israël-Iran : la guerre des millénarismes. La chronique de Michel Eltchaninoff
Des juifs ultra orthodoxes observent un site touché par une attaque de missiles de l'Iran sur Israël, à Bnei Brak, Israël, le 16 juin 2025. ©Miro Maman/Reuters
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Cet article est issu du numéro 191 de Philosophie magazine « Pourquoi se complique-t-on la vie ? », en kiosque le 03 juillet 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Alors que la société iranienne est plus proche qu’on ne le pense de la société israélienne, le théologico-politique est de plus en plus présent chez certains dirigeants israéliens. Tandis que l’Iran « s’israélise », Israël serait-il en train de « s’iraniser » ?
Il y a un peu plus de dix ans, j’étais invité à dîner par des artistes iraniens à Téhéran. Mes hôtes, parmi moult critiques à l’endroit de leurs dirigeants enturbannés, ont déclaré leur flamme… aux Israéliens. « Les gens, à Tel-Aviv, sont comme nous. Ils ont juste envie de vivre à leur guise. Mais au-dessus d’eux, ils ont des religieux qui passent leur temps à proclamer ce qui est interdit et ce qui ne l’est pas. Exactement comme nous, avec nos ayatollahs. » Je n’ai pas été très étonné. Beaucoup d’Iraniens envient ces voisins, aussi peu arabes qu’eux, aussi éduqués qu’eux, mais quand même plus libres. Les deux peuples ont aussi des goûts communs : 25 millions de persanophones ont vu la série d’espionnage israélienne Fauda.