Édito
Les étangs du non-sens
© Charles Berberian pour PM
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Cet article est issu du numéro 82 de Philosophie magazine « 82 - septembre 2014 », en kiosque le 21 août 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
« Félicitations ! La moyenne du quotient intellectuel [QI] standard est fixée à 100 pour des raisons historiques. 68,26 % des individus se situent entre 85 et 115. 95,44 % se situent entre 70 et 130. Votre QI est de 130. » Tel est le diagnostic d’évaluation que j’ai vu s’afficher sur l’écran de mon ordinateur, ce matin, après avoir passé un test de QI en ligne (sur Testqiofficiel.com, contre 4,50 euros) et résolu une cinquantaine d’exercices. Bien que je ne croie pas tellement aux tests de QI en général, j’avoue que ce résultat m’a plutôt rassuré et m’a même procuré sur le moment une petite satisfaction narcissique. Inversement, j’aurais probablement été meurtri de me retrouver avec un QI de 65… On a beau être incrédule, on n’aime pas tellement se confronter à une évaluation de ce genre, bête et brutale. Mais au-delà de la petite appréhension qui a précédé le calcul de mon propre QI, j’avoue que le contenu du test lui-même m’a plutôt déçu : il s’agissait principalement de compléter des séries de symboles ou de chiffres dans lesquelles il y avait une case manquante. C’est le genre d’exercices qu’on trouve, enfant, dans les cahiers de jeux qu’on emporte en vacances. Distrayant, mais pas vraiment utile. Dans quelle mesure de tels QCM évaluent-ils de véritables compétences ?