Idée forte
Les pauvres sont plus riches qu’on ne pense
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Cet article est issu du numéro 9 de Philosophie magazine « 9 - mai 2007 », en kiosque le 26 avril 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Vous avez fait des achats dans un souk, négocié un châle en Inde ou un Bouddha à Chiang Maï, en Thaïlande ? Alors vous connaissez le sens des affaires des commerçants du tiers monde. Leur talent pour vous vendre le plus petit objet, ou la boutique, ne date pas d’hier. Jésus déjà voulait expulser les marchands du Temple voilà 2 000 ans. Quant à Ganesh, il protège les commerçant indiens depuis 5 000 ans. Les pauvres aussi ont la bosse du commerce – et toutes les autres, celles des mathématiques, du génie, des arts premiers et derniers. Alors pourquoi sont-ils pauvres, et nous riches ? Question d’intelligence, de génétique, comme le croient les racistes ? Jared Diamond, grand historien de l’environnement, a commencé de répondre dans De l’inégalite parmi les sociétés. La géographie et l’environnement ont beaucoup compté. L’Australie d’antan n’avait qu’une noix comestible, aucun animal de trait. Difficile d’y amasser des denrées, de développer une civilisation sédentaire. Comparez avec le croissant fertile, l’actuel Moyen-Orient où notre civilisation est née. On y trouvait les fibres du lin, le blé, les pois, les lentilles, l’orge, faciles à stocker. Sans oublier le cheval, le chien de chasse, les moutons laineux, les porcs, les vaches laitières. Ajoutez la Méditerranée pour se déplacer.