Ethnomythologies
Taxi volant. Voyage dans le ventre de la mère
volocity-paris ©Volocopter
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Cet article est issu du numéro 166 de Philosophie magazine « Préférons-nous l’ordre ou le désordre ? », en kiosque le 12 janvier 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Ce véhicule devrait être mis en service lors des jeux Olympiques de 2024. Il promet de nous faire planer au-dessus des grandes métropoles dans un confort absolu. Comme l’enfant flottant dans le liquide amniotique ?
Dans le ventre de ma mère, flottant dans le liquide amniotique, j’étais transporté, tout choc amorti, dans un confort absolu… Cette période s’est inscrite à jamais dans mes neurones les plus archaïques comme modèle du transport idéal, parfait. Parce qu’après ce portage idyllique, il y eut un cataclysme, une expulsion de la capsule originelle, avant d’être livré sans défense aux violences de la gravité. Tout commença, je m’en souviens, par une petite claque sur les fesses.
Des récits extraordinaires ont entretenu mon illusion d’y revenir, de me débarrasser un jour des contraintes de la pesanteur…Comme celui de saint Thomas d’Aquin s’élevant dans les airs en contemplant la statue du Christ, ou celui de saint Dominique voletant comme un ballon dans un monastère à Castres… Mais ceux-là, comme tant d’autres religieux en lévitation, étaient animés d’une foi intense que je ne possède malheureusement pas. J’ai lu qu’au Moyen Âge en Occident, les sorcières se déplaçaient dans les airs en chevauchant un balai magique, qu’en Afrique, les sorciers traversaient la nuit en y laissant de petites traces de lumière rouge et qu’en Orient, les mages circulaient à hauteur des nuages sur des tapis volants. Mais ceux-là cultivaient des pouvoirs occultes, bien trop longs à acquérir. Nous autres, pauvres quidams, il ne nous reste que les taxis pour décoller du sol.