Voltaire. L’auteur
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Cet article est issu du numéro 87 de Philosophie magazine « Guide d’autodéfense contre le fanatisme », en kiosque le 16 février 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Une vie entre honneurs, exils et luttes pour la liberté.
Né en 1694 à Paris, François-Marie Arouet est destiné par son père à faire carrière dans la magistrature. Rêvant de poésie et de théâtre, le jeune homme s’illustre par ses mots d’esprit qui ridiculisent le régent Philippe d’Orléans et est condamné à onze mois de prison. À sa sortie, il opte pour le nom de Voltaire, sous lequel il triomphe en 1718 avec sa première tragédie, Œdipe, puis en 1723 avec un poème épique, La Henriade. Mais un bon mot lui vaut d’être de nouveau embastillé, puis exilé en Angleterre, où il s’initie à la philosophie et se convertit au déisme. En 1728, il est de retour en France, mais toujours interdit de séjour à la cour de Versailles. À la tête d’une immense fortune grâce à d’astucieux placements financiers, il rencontre l’amour en la savante personne d’Émilie du Châtelet. S’il publie clandestinement en 1734 ses Lettres philosophiques sur l’Angleterre, décrite comme le pays de la liberté, il fait scandale avec sa pièce à succès Le Fanatisme ou Mahomet le prophète, qui moque le dogmatisme religieux. Avide de reconnaissance, il obtient la charge d’historiographe du roi et entre à l’Académie française, tout en se divertissant avec des « fadaises », des contes philosophiques comme Zadig et la Destinée (1748). Après la mort d’Émilie, il devient en 1750 le chambellan du roi de Prusse Frédéric II, qui entend utiliser cet esprit brillant avant de s’en débarrasser. Réfugié en Suisse, puis à Ferney dans le pays de Gex, il apprend qu’un tremblement de terre a dévasté Lisbonne en 1755, qui lui inspire Candide ou l’Optimisme en 1759. Auteur d’une quarantaine d’articles pour l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, il consacre ses dernières années à combattre l’intolérance religieuse (Traité sur la tolérance, 1763) et à diffuser l’esprit des Lumières, avec son Dictionnaire philosophique portatif (1764), qui est condamné à être brûlé en France, en Suisse et en Hollande. Finalement autorisé à revenir à Paris, il y meurt en 1778 et repose depuis 1791 au Panthéon.