Hors-série "La puissance des femmes"
Anna Julia Cooper, une voix contre le racisme et la misogynie
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Cet article est issu du Hors-série n°N° 43 de Philosophie magazine « La Puissance des Femmes. Une autre histoire de la pensée », en kiosque le 17 octobre 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Femme, noire, fille d’une esclave dans les États-Unis ségrégationnistes du XIXe siècle, devenue docteure de la Sorbonne, Anna Julia Cooper prôna l’émancipation des femmes par l’éducation et inaugura le féminisme noir.
Anna Julia Cooper naît en Caroline du Nord (États-Unis) en 1858. Sa mère, Hannah Stanley Haywood, est esclave. Anna Julia a 9 ans au moment de l’abolition de l’esclavage et peut, grâce à une bourse d’études, étudier au St. Augustine’s College, fondé par l’Église anglicane pour former des enseignants destinés à éduquer les anciens esclaves. Précoce, Cooper devient, à 10 ans, tutrice d’élèves souvent bien plus âgés qu’elle. Douée en mathématiques mais aussi en langues anciennes et en histoire, elle demande un accès à la classe dite « masculine », boudant les « ladies' courses », où l’on apprend essentiellement, juge-t-elle, à être une compagne agréable et une bonne ménagère. Elle entame une longue carrière de professeure, puis de directrice d’école dévouée à l’éducation des Noirs et des défavorisés, leur permettant d’accéder à de prestigieuses universités. Elle poursuit également une carrière de chercheuse, couronnée en 1925 par l’obtention de son doctorat à la Sorbonne. À 67 ans, elle est l’une des premières femmes noires docteures.