Arme de distraction massive

Temps de lecture : 3 min

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 62 de Philosophie magazine « 62 - septembre 2012 », en kiosque le 23 août 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« Internet rend-il bête ? » Tel est le cri d’alarme, et le titre d’un essai très discuté de Nicholas Carr. Nous cliquons toujours plus, mais, au fond, qu’en retirons-nous ? Réponse de ce spécialiste des technologies de l’information.

L’invention du numérique n’a pas de précédent dans l’histoire : c’est une technologie qui nous accompagne en permanence et qui influence la manière dont fonctionne notre esprit. Une étude particulièrement éclairante a comparé la compréhension écrite des élèves devant un livre classique et devant un hypertexte, un texte informatique tel qu’il apparaît sur nos écrans avec une série de liens incrustés vers d’autres documents. La seule présence de ces liens hypertextes affecte négativement la compréhension écrite et l’attention : elle réduit la concentration du lecteur, même s’il ne clique pas sur le lien. Le cerveau s’arrête : pourquoi y a-t-il renvoi vers ce texte ? Faut-il cliquer ? Où cela va-t-il m’emmener ? Ce genre de petites distractions amenuisent notre capacité à mémoriser et à apprendre par le biais de la lecture. Or, les données dont on dispose sur le cerveau humain montrent que notre mémoire de travail (ou mémoire à court terme) est très faible. Bombardé d’informations, l’individu n’a plus la capacité de former des souvenirs à long terme, il s’en tient à des connaissances superficielles.

Cet article est réservé aux abonnés