Présidentielle américaine (1/7)
Cass Sunstein. « Si Obama est élu, les États-Unis et le monde seront transformés »
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Cet article est issu du numéro 18 de Philosophie magazine « 18 - avril 2008 », en kiosque le 27 mars 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Droits positifs et droits négatifs
Hillary Clinton et Barack Obama ont une vision « positive » du droit : ils pensent que les gens ont droit à la santé, à une bonne éducation, à des emplois décents et que c’est le rôle légitime du gouvernement de garantir ces droits. Cependant, une partie de l’opinion américaine et de nombreux leaders républicains considèrent que le droit doit rester « négatif », qu’il doit nous protéger du gouvernement et qu’il ne faut pas lui demander de nous aider. Selon moi, la théorie des « droits négatifs » – telle qu’elle a été élaborée par le philosophe américain Isaiah Berlin – est néanmoins confuse et mal fondée. Même les marchés libres présupposent des droits positifs, comme la protection du droit de propriété ou de la liberté de contracter. Hillary Clinton et Barack Obama, quant à eux, se situent dans la lignée de Franklin Roosevelt, qui a dit dans son discours sur le second Bill of Rights que les gens ont le droit à ce que le gouvernement protège non seulement leur propriété, mais aussi leur sécurité au sens le plus large du terme – et ainsi, leur santé.