Tribune
Catherine Malabou : “Nous sommes aux prémices d’une révolution biotechnologique”
Catherine Malabou en 2014. © Richard Dumas/Agence VU
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Pour moi, se faire vacciner, c’est de l’ordre du devoir. J’ai perdu ma mère la semaine dernière des suites du Covid-19. Elle avait plus de 80 ans, mais elle était en bonne santé et elle a été emportée de manière foudroyante en quatre jours. Cette expérience a précisé la vision que j’avais de l’ampleur de ce mal et de l’urgence qu’il y a à s’en prémunir. Je peux comprendre certaines craintes sur les vaccins, qui me paraissent souvent liées à un manque d’information, mais j’avoue que la thèse complotiste me laisse perplexe et que le niveau de résistance à ces campagnes de vaccination reste assez mystérieux pour moi.
Sur un plan plus théorique, je travaille depuis longtemps sur l’importance de l’épigénétique, science qui a connu une expansion remarquable au tournant des années 1990. L’épigénétique étudie les mécanismes de synthèse, c’est-à-dire de transcription ou d’interprétation de l’ADN par l’ARN à l’intérieur de nos cellules. Nous avons tous un code génétique, l’ADN, mais à partir de là, il y a des mécanismes de transcription qui modèlent les individualités que nous sommes (les phénotypes).