France/Société

Circuler et détruire en libre-service

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Gobee-Bike

(cc) Wikipedia Commons / gobee bike

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Cet article est issu du numéro 118 de Philosophie magazine « 118 - avril 2018 », en kiosque le 22 mars 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Après cinq mois seulement, les Gobee.bike quittent le pavé parisien, victimes, selon la start-up hongkongaise, du vandalisme. Malédiction française ou « tragédie des biens communs » ? 

Géolocalisables grâce à une application sur smartphone, ces vélos vert acidulé se louaient en scannant leur code QR. Pour 50 centimes d’euro la demi-heure, l’antivol était alors déverrouillé. L’usager déposait ensuite le vélo où il le voulait, sans l’attacher. Leur visibilité dans l’espace public – les engins étaient souvent garés en plein milieu du trottoir – en a fait une cible facile : mille ont été volés et plus de trois mille endommagés. Certains ont même fini dans des stations de métro ou dans la Seine. L’ampleur du phénomène laisse songeur. Comment expliquer un tel acharnement ? Certains y ont vu un mal français, relent de gauloiserie à l’ère du numérique. Une fausse piste, puisque Gobee.bike a aussi cessé son activité en Italie et en Belgique. Dans toute l’Europe, 60 % de son parc a été vandalisé. Même en Chine, où des millions de ces véhicules circulent, il existe des « cimetières à vélos ».

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