Les philosophes face à la Commune

Les féministes et la Commune en quatre extraits

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Les féministes et la Commune en quatre extraits

Les clubs des femmes patriotes de Montrouge et de Belleville. © Anonyme/Musée Carnavalet-Histoire de Paris/CC0 Paris Musées/Domaine public

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La Commune de Paris est sans nul doute la grande révolte prolétarienne du XIXe siècle. Que pensèrent de cet événement inédit les grandes figures intellectuelles de l’époque ? Suite de notre tour d’horizon des philosophes face à la Commune : après les marxistes, les anarchistes, les radicaux, et les montagnards, aujourd’hui, pour le dernier épisode de la série : les féministes. Florilège de leurs analyses, en quatre extraits.

 

Louise Michel (1830-1905) : “On ne s’inquiétait guère à quel sexe on appartenait pour faire son devoir”

« À Montmartre, il y avait deux comités de vigilance, celui des hommes et celui des femmes. J’étais toujours à celui des hommes, parce que ceux-là tenaient des révolutionnaires russes. J’ai encore un vieux plan de Paris qui était au mur de la seconde salle ; je l’ai emporté et rapporté à travers l’Océan, en souvenir. Nous avions, avec de l’encre, couvert les armes de l’Empire qui le décoraient, cela eût sali notre repaire. Jamais je ne vis intelligences si droites, si simples et si hautes ; jamais individualités plus nettes. Je ne sais comment ce groupe faisait son compte, il n’y avait pas de faiblesses ; quelque chose de fort et de bon vous reposait. Chez les citoyennes même courage ; là aussi des intelligences remarquables ; mais au 41, j’étais allée d’abord avec les citoyens, je continuais d’appartenir aux deux comités dont les tendances étaient les mêmes. Celui des femmes aussi aura son histoire, peut-être seront-elles mêlées, car on ne s’inquiétait guère à quel sexe on appartenait pour faire son devoir. Cette bête de question était finie. »

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