Les philosophes face à la Commune
Les marxistes et la Commune en cinq extraits
Médaille (1964) représentant sur une face les portraits de Karl Marx et Friedrich Engels, et au verso la Commune de Paris. © SNA/akg-images
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La Commune de Paris fut-elle un phénomène « marxiste » ? Quoiqu’initialement saluée (et suivie de très près) par Karl Marx et son premier cercle intellectuel, cette révolution prolétarienne connut un échec aussi prompt que cuisant. Mal organisée, elle finit écrasée dans le sang en à peine plus de deux mois – ce qui rendit son héritage de fait ambivalent, aux yeux des marxistes purs et durs. La Commune, modèle de révolution moderne, ou « fausse bonne idée » trop imparfaite pour être viable ? Cinq textes de marxistes, cinq visions singulières d’un événement majeur du XIXe siècle.
Karl Marx (1818-1883) : “Le peuple a pris dans ses propres mains la direction effective de sa révolution”
« Le fait que la révolution est faite au nom et dans l’intérêt déclaré des masses populaires, c’est-à-dire des masses productrices, c’est un trait que cette révolution a en commun avec toutes celles qui l’ont précédée. Le trait nouveau, c’est que le peuple, après le premier soulèvement, ne s’est pas désarmé et n’a pas remis son pouvoir entre les mains des saltimbanques républicains des classes dirigeantes ; c’est que, par la formation de la Commune, il a pris dans ses propres mains la direction effective de sa révolution et a trouvé en même temps, en cas de succès, le moyen de la maintenir entre les mains du peuple lui-même, en remplaçant l’appareil d’État, l’appareil gouvernemental des classes dominantes, par son appareil gouvernemental à lui. »
Karl Marx, La Guerre civile en France (1871). Édition nouvelle accompagnée des travaux préparatoires de Marx, Éditions sociales, 1968