Revue de presse
Culture de l’insécurité
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Cet article est issu du numéro 48 de Philosophie magazine « 48 - avril 2011 », en kiosque le 30 mars 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
« Ce qu’il y a de macabre dans la catastrophe actuelle [au Japon, NDLR], c’est qu’elle survient au milieu d’une compétition effrayante entre des risques majeurs. En effet, beaucoup pensaient que le risque du changement climatique pouvait être remplacé par un investissement accru dans l’énergie nucléaire, plus respectueuse de l’environnement. […] À l’époque de Tchernobyl, Franz Joseph Strauß [homme politique conservateur bavarois, qui a notamment été ministre des Questions nucléaires, NDLR] avait eu l’idée tout simplement géniale de réagir en limitant l’événement à une catastrophe “communiste”– en insinuant que l’Ouest capitaliste, hautement développé, disposait de centrales nucléaires plus sécurisées. Et voici que l’avarie actuelle survient au Japon, qui passe pour le pays “high-tech” le mieux équipé et organisé au monde en termes de sécurité. La fiction selon laquelle on peut dormir tranquille à l’Ouest est battue en brèche. […] En attribuant les risques et les causes des catastrophes à des structures et à des organisations complexes, on se retrouve dans la sphère de l’irresponsabilité organisée […], [comme] lors de la crise financière. […] La question est : quelle culture de la sécurité, ou plutôt de l’insécurité voulons-nous accepter ? »