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Dans le sillage d’une visionnaire

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Dans le sillage d’une visionnaire

© Julien Pacaud pour PM

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Cet article est issu du numéro 25 de Philosophie magazine « 25 - hiver 2008 », en kiosque le 04 décembre 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Qu’elle soit perçue comme une sainte, une héroïne tragique ou une figure de l’engagement social et politique, Simone Weil demeure une source d’inspiration. Proche des opprimés, elle n’aurait sans doute pas manqué de raisons de s’engager dans la société d’aujourd’hui.

Marie-Clara Bingemer

« Si la marque de la sainteté réside dans l’idéal d’amour oblatif et d’abandon à l’autre – qu’il s’agisse de l’Autre divin ou de l’autre défiguré par le malheur –, Simone Weil a certainement été une sainte. Elle s’inscrit dans la lignée de ces “chrétiens sans Église” qui ont ressenti l’appel de Dieu et le besoin d’exode intérieur, c’est-à-dire la nécessité de renoncer à soi pour mieux communier avec les faibles. Ces figures mêlant mystique et éthique jalonnent l’histoire du christianisme, si l’on pense par exemple à Claire d’Assise, qui, suivant saint François, a consacré sa vie à la cause des pauvres. Au XXe siècle, aux côtés de Simone Weil, d’autres femmes ont emprunté le même chemin : la militante américaine Dorothy Day, emprisonnée plusieurs fois et mal comprise par l’Église catholique, a épousé la condition des marginaux de New York ; Etty Hillesum, Juive hollandaise sans appartenance explicite à une communauté religieuse, s’est volontairement rendue au camp de concentration de Westerbork “pour aider Dieu et sauver son peuple”, avant de mourir gazée à Auschwitz.

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