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Descartes et le “Discours de la méthode”

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Cet article est issu du numéro 65 de Philosophie magazine « 65 - décembre 2012, janvier 2013 », en kiosque le 29 novembre 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Le Discours de la méthode pour bien conduire sa raison, et chercher la vérité dans les sciences (selon le titre original complet) est l’œuvre la plus fameuse de Descartes, avec ses Méditations métaphysiques. Que nous dit-elle, en substance ?

 

Il s’agit du premier texte publié par le philosophe, même s’il paraît en 1637 sans nom d’auteur. Rédigé en français, à une époque où l’écrasante majorité des livres savants est composée en latin, le Discours entremêle plusieurs genres : il relève à la fois de l’autobiographie (René Descartes y retrace son itinéraire personnel et intellectuel) et de l’exposé de thèses scientifiques et philosophiques. Six parties constituent l’ouvrage. Dans la première, Descartes revient sur ses études et annonce sa « résolution » de penser par lui-même. Dans la deuxième, il expose notamment certaines règles sa méthode (qui suppose par exemple de « conduire [sa] pensée par ordre »). La troisième est consacrée à sa « morale par provision ». La quatrième porte sur sa métaphysique ; c’est dans cette partie que Descartes énonce en particulier le « premier principe de la philosophie qu’[il cherchait] » : le célébrissime « je pense, donc je suis », proposition « ferme et assurée » qui sert de socle inébranlable à toute la réflexion. Dans la cinquième partie se voient résumées ses avancées théoriques dans le domaine de la physique (Descartes fait mention des « lois de la nature » qu’il a dégagées dans le Monde) ou de l’anatomie (avec en particulier la conception du corps comme « machine »). La sixième partie est plus programmatique : le philosophe fait état de tout ce qu’il lui reste à accomplir ; il affiche sa confiance dans la science et la technique, qui doivent nous rendre « comme maîtres et possesseurs de la nature ». Notons pour finir que le Discours de la méthode, texte révolutionnaire appelé à une formidable postérité, fut presque ignoré en son temps : il se vendit très mal…