Des classiques éclairent le présent

Est-il immoral de revendre ses cadeaux de Noël ?

Temps de lecture : 4 min

Est-il immoral de revendre ses cadeaux de Noël ?

Pierre (Thierry Lhermitte) découvre sa serpillère… non, son gilet, offert – et tricoté – par Thérèse (Anémone) dans le film “Le père Noël est une ordure”. © DR

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Avons-nous raison de culpabiliser quand nous revendons nos cadeaux ? En effet, quelle règle morale nous empêcherait, au fond, de préférer recevoir de l’argent plutôt qu’un objet d’un goût discutable – oui, on pense à ce pull de Noël… – choisi par nos proches ? Réponses avec Spinoza, Marcel Mauss et Jacques Derrida.


Spinoza /
Le père Noël est (parfois) une ordure

Pourquoi s’obliger à conserver un cadeau qui ne nous plaît guère ? Dans son maître ouvrage l’Éthique (1677), Spinoza montre qu’une action bonne n’est pas celle qui obéit à une règle morale ou une règle de vie commune. Bien agir, c’est agir de façon à persévérer dans son être, à gagner en puissance, à fuir la tristesse et à rechercher la joie. Or il peut arriver qu’un cadeau nous procure de la tristesse plutôt que de l’allégresse. Si mes amis m’offrent un pull délavé, je peux me demander pourquoi ils ont choisi une couleur si fade. Parce que je le suis également ? Et ce livre que l’on m’offre, Éloge de l’ombre de Tanizaki, est-il un message subliminal ? Ces présents risquent d’abîmer l’amour de soi, qui est précieux et qu’il faut, selon Spinoza, préserver.

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Lisez cet article, c’est (presque) cadeau !