Festival d'Avignon 2013
« Germinal », cartésianisme foutraque et réjouissant
“Germinal”. Mise en scène d'Antoine Defoort et Halory Goerger © Christophe Raynaud
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Tout reprendre à zéro: de la lumière au langage en passant par la socialisation, la physique élémentaire et l’art. Partant d'un plateau nu, ils sont quatre à reprendre l’histoire du monde ainsi qu'un bonne partie de l'évolution en une heure et trente minutes. “Germinal” : le titre de spectacle évoque autant une fresque zolienne, une lutte pour la survie toute darwinienne, que la germination et les idées en devenir. Bref, une lutte séminale pour réinventer la roue, mais avec quel brio.
Des idées ils en ont, à L’Amicale de production. Cette coopérative de projets « à cheval entre les arts visuels et le spectacle vivant » ajoute même de la suite à ses idées, de l’ordre dans un fatras imaginatif. Elle qui est à l’origine de « France distraction » et d'un « spa stoïcien pour cadres démoralisés » fait d’une scène à peu près vide le grand chantier de la Genèse. De la lumière ils tirent la découverte de la matière puis de la pensée, des interactions et du groupe, de la société, de l’échange, des outils, de la technologie... en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.
Halory Goerger, l’un des concepteurs de cette machine infernale à créer le monde, s’est inspiré d’un manuel : Wikipédia. Un « livre de chevet », de son propre aveu. « Nous ne nous sommes pas constitué une bibliothèque à proprement parler, mais nous avons tous les deux compulsé les articles Wikipédia relatifs à tous les sujets possibles et imaginables ayant une connexion avec les sciences du langage, l’organisation de l’information et les taxonomies. »