Livres
“Huit Thèses sur le mal”, d’Hervé Vautrelle : le mal en face
©Vrin
Cet article est réservé aux abonnés.
Et si, pour percer le secret du mal, on se confrontait directement à lui ? C’est ce que fait le philosophe Hervé Vautrelle dans un livre qui met volontairement de côté les grandes thèses métaphysiques pour se concentrer sur la réalité morale. Nicolas Tenaillon présente cette démarche originale.
Les philosophes – entre Leibniz, Kant ou Paul Ricœur – n’ont-ils pas déjà tout dit sur ce qu’on appelle souvent le mystère du mal ? Peut-être pas. C’est ce que démontre le livre d’Hervé Vautrelle qui est paru en mars de cette année aux Éditions Vrin. Son originalité : aborder le mal uniquement du point de vue moral, en décrivant ses manifestations concrètes, sa logique propre, sans passer par des spéculations métaphysiques invérifiables.
Au commencement était la faute
Le mal que l’on subit, la souffrance, n’est que l’effet du mal que l’on commet, la faute. Et celle-ci n’en est une que par ce qu’elle est imputable. C’est donc de là qu’il faut partir pour décrire et comprendre la logique propre au mal. C’est la première thèse soutenue par Hervé Vautrelle : ne pas confondre le mal avec la malchance ou le malheur, car le mal ne concerne que les rapports humains – « Il est commis par et contre l’homme ». Et c’est bien pour cela qu’on peut agir contre lui.