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Hervé Le Bras : “Le FN recrute sur fond de crise du voisinage”

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Hervé Le Bras : “Le FN recrute sur fond de crise du voisinage”

Marine Le Pen  (cc) Rémi Noyon / Flickr

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Cet article est issu du numéro 96 de Philosophie magazine « Le bien et le mal, ça s’apprend ? », en kiosque le 21 janvier 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Sur le long terme, le vote Front national s’expliquerait moins par une quelconque tradition française d’extrême droite que par une mutation de nos coutumes rurales. Explications avec l’historien Hervé Le Bras.

Que retenez-vous des élections régionales de décembre ?

Hervé Le Bras : En analysant les résultats localement, j’ai pu constater une régularité surprenante : la montée du vote frontiste au premier tour – le 6 décembre 2015 – était proportionnelle au niveau obtenu par le Front national [FN] lors des départementales – le 29 mars 2015. En région Provence-Alpes-Côte-d’Azur et dans le Nord-Picardie, le FN est passé de 35 % à 40,5 %. Inversement, en Bretagne et dans les Pays de Loire, le score n’a pratiquement pas bougé et tourne autour de 18-20 %. Sur les onze régions françaises, cette loi n’admet qu’une exception, Midi-Pyrénées. Mon idée est que, lorsque le FN atteint un certain niveau, ses électeurs se montrent, parlent, en convainquent d’autres. On assiste ainsi à un phénomène quasi épidémique.

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