Jackie Berroyer. Itinéraire d’un philosofils

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Cet article est issu du numéro 4 de Philosophie magazine « 4 - oct./nov. 2006 », en kiosque le 28 septembre 2006. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Autodidacte, dévorateur des grandes œuvres, cet artiste lunaire aux multiples facettes défend une vision intime de la pensée.

Un piano, une guitare et un pupitre trônent silencieusement dans les trois recoins du salon. Ces objets s’animent quand Jackie Berroyer entre en scène. Hospitalier, il ne tarde pas à improviser un air avec sa guitare en bois amplifiée dont il raconte l’histoire rocambolesque. La musique est l’une des passions de cet artiste aux multiples cordes, critique rock à Charlie Hebdo dans les années 1970, romancier, scénariste et comédien, apprécié pour sa veine tantôt comique, tantôt inquiétante, toujours lunaire. Sur le pupitre, un livre sur Basquiat fait de l’œil à un ouvrage sur Munch fixé sur le piano telle une partition. « J’ouvre une double page puis je change. J’aime me promener dans les images. » Cet entrelacement entre les signes et les sons, symphonie des goûts et des préférences, imprègne la relation – autodidacte – que Jackie Berroyer entretient avec la philosophie. « Les philosophes sont des esprits en mouvement. J’apprécie l’art de penser au même titre que l’art pictural », confie-t-il. Mélomane, cinéphile. Si l’adjectif « philosophile » existait, il lui irait comme un gant. L’hospitalité est toujours réciproque : inventons le mot pour lui. Berroyer philosophile, Berroyer philosofils… Son amour de la pensée l’engage tout entier. Et le trouble souvent. Il a filmé un séminaire de Benny Lévy consacré à l’Alcibiade de Platon. « Benny Lévy était un professeur radical. Ce qu’il cherchait à obtenir chez ses élèves, c’était la naissance d’un trouble, le fait de voir une lumière s’allumer dans leurs yeux. Je crois que c’est ce qui l’a touché chez moi. »

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