Hommage
Jean-Paul Belmondo, itinéraire d’un acteur gâté
Jean-Paul Belmondo dans le film “Itinéraire d’un enfant gâté” de Claude Lelouch, en 1988. © Étienne George/Collection Christophel/AFP
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Dans le film Itinéraire d’un enfant gâté, Sam Lion, incarné par Belmondo, a tout pour lui. Deux beaux enfants, une entreprise de 12 000 employés et surtout, un charisme fou. Et pour cause, dans ce film réalisé par Claude Lelouch en 1988, Bébel crève l’écran, parfois sans un mot, en un simple haussement de sourcil goguenard. Nous lui rendons hommage, à l’occasion de sa disparition, lundi 6 septembre.
Sam Lion, le héros du film, incarné par un Belmondo en grande forme, éclipse et fascine tous ceux qui l’entourent. Son fils (Jean-Philippe Chatrier) pâlichon, censé co-diriger la boîte familiale, se traîne derrière lui comme une ombre, tandis que sa fille (Marie-Sophie L.), en plein Œdipe à vingt-cinq ans passés, l’adule comme un Dieu. Ce bon père de famille, autodidacte assailli par les responsabilités, souhaite donc partir en mer pour se retrouver « seul avec lui-même ». C’est hors de question, lui rétorque-t-on : il ne peut abandonner ses 12 000 employés. Car tout un monde – le sien – tourne autour de lui.
“Pouvoir mystérieux”
Et pour cause, ce chef d’entreprise est un meneur dans l’âme. À ce titre, il appartient au genre d’individus dépositaires « d’un pouvoir mystérieux », selon les mots de Gustave Le Bon dans son Essai sur la psychologie des foules (1895). D’après l’anthropologue, ces personnes ont la faculté d’exercer une « domination […] qui paralyse toutes [les] facultés » de ceux qui les entourent « en remplissant leur âme d’étonnement et de respect ». À leur contact, les autres s’effacent et perdent leurs moyens. Ils sont absolument nécessaires : si Sam part, son monde cesse de tourner.