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Jim Harrison: “Thoreau, mon allié, mon garde-frontières”
Jim Harrison (cc) Capture d'écran de l'interview filmée de Jim Harrison menée par Brice Matthieussent et réalisée par Georges Luneau
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Cet article est issu du numéro 51 de Philosophie magazine « 51 - été 2011 », en kiosque le 30 juin 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Écrivain des grands espaces, chasseur et grand gourmand, Jim Harrison a préfacé le “Walden” de Thoreau.
Dans quelle mesure vous sentez-vous, en tant qu’homme et en tant qu’écrivain, proche de Thoreau?
Il y a quelques années, dans une université, j’ai prononcé un discours inaugural sur Henry David Thoreau. Ensuite, j’ai eu honte. Notre chaos culturel est dominé par la conviction que parler, c’est penser. De ce point de vue, nous sommes vraiment des chimpanzés dotés de clés de voiture. Mais aucune star des médias ne peut créer un poème de René Char ou une page de Thoreau.
Depuis l’adolescence, je suis fermement convaincu que Thoreau est mon allié, mon garde-frontières qui me défend contre les bêtises dont je suis capable, contre l’intempérance absurde de mon caractère qui me pousse à enfourcher le cheval de la vie sans selle ni bride. La leçon essentielle que nous apprend Thoreau consiste à simplifier notre vie, à dire non d’une voix de stentor, et à ignorer les mille âneries qu’on tente de nous imposer.