Écologie/Éthique
Jonathan Safran Foer : “Rien ne montre que l’écologie soit élitiste”
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Cet article est issu du numéro 135 de Philosophie magazine « Peut-on se mettre à la place des autres ? », en kiosque le 28 novembre 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Que puis-je faire, moi simple citoyen, de significatif pour le climat ? Manger moins de viande, répond l’écrivain américain Jonathan Safran Foer, dans son nouvel essai L’avenir de la planète commence dans notre assiette. Nous l’avons interrogé.
Qu’espérez-vous d’un événement comme la COP25, qui se tient à Madrid du 2 au 13 décembre ?
Jonathan Safran Foer : La COP21 entendait relever les défis de notre siècle, nous en sommes à présent à la COP25… Le moins que l’on puisse dire est que le XXVe siècle semble assez éloigné et qu’il est difficile d’imaginer à quoi ressemblera la planète. Ce qui me donne quelque espoir, c’est de constater à quelle vitesse les mentalités changent sur la question climatique. Il y a un an, personne n’avait entendu parler de Greta Thunberg, les gens ne faisaient pas le lien entre l’alimentation et le réchauffement, les étudiants du monde entier n’organisaient pas de marches pour le climat et un mouvement comme Extinction Rebellion était inimaginable. Donc la prise de conscience progresse vite. Pour revenir au XXVe siècle, je peux imaginer un monde dans lequel une révolution écologique aurait eu lieu, mais tout aussi bien un monde privé d’espoir, parce que les dirigeants politiques, économiques, mais aussi les individus n’auront rien fait pour maintenir un certain équilibre des écosystèmes terrestres.