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La dissert de philo au Bac a-t-elle encore un sens ?

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La dissert de philo au Bac a-t-elle encore un sens ?

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Cet article est issu du numéro 2 de Philosophie magazine « 2 - juin/juil. 2006 », en kiosque le 25 mai 2006. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La pertinence de l’exercice de la dissertation au baccalauréat ne fait pas l’unanimité. Mais la réforme n’est pas au goût du jour. Tant pis pour ceux qui redoutent l’épreuve et qui plancheront le 9 juin prochain.

Pour : Denis Kambouchner

Pour Denis Kambouchner, professeur à l’université de Paris-I, la dissertation est « un exercice de réflexion mené par écrit, sous une forme qui pourra être assez libre ». Pour « être dans le sujet », il faut « avoir compris la question posée, c’est-à-dire avoir vu en quoi elle se pose. Cela suppose assurément un peu d’habitude de la réflexion, une certaine maîtrise des mots, quelques connaissances et quelques lectures. » Si tant de jeunes lycéens ont des difficultés à écrire un texte pertinent, c’est que « beaucoup d’entre eux n’ont jamais appris à rédiger ». Le remède : « étager l’enseignement de la philosophie sur au moins deux ans, mais aussi et d’abord reconstruire pour tous les élèves, dès le début de la scolarité, un vrai enseignement de la langue, de l’expression écrite ». Réussir cette épreuve n’est pas une mission impossible, mais l’exercice de la dissertation exige des élèves un travail pluriel : « Etudier le texte intégral du programme en vigueur : il contient une définition des exercices et beaucoup d’indications utiles. Ensuite, faire attention aux mots. Enfin, savoir que la chose demandée n’est pas si compliquée. Montrer comment telle question se divise en plusieurs, chercher ce que l’expérience nous apprend, faire le compte des raisons d’affirmer une chose, caractériser et évaluer divers points de vue, se demander pourquoi un texte dit une chose précise et non pas une autre un peu différente : ce sont des démarches élémentaires et ce sont elles qui seront appréciées. » Le lycéen que fut Denis Kambouchner n’a pas eu à affronter cette difficulté : « J’ai passé un bac scientifique en 1969 ; la philosophie ne figurait qu’à l’oral, en alternance avec le français. Dans l’année, j’avais rendu des travaux très libres. Mais j’aimais écrire et je me souviens d’avoir entrepris très jeune un petit essai sur la religion... »

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