Société
La fin de la lecture ?
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Des études récentes le montrent : nous lisons de moins en moins. Faut-il s’en inquiéter ? L’analyse d’Octave Larmagnac-Matheron.
« L’âge de la lecture est terminé » : c’est ce titre qu’a choisi le magazine américain The Atlantic pour son numéro d’août, qui annonce l’entrée dans une « société post-littéraire ». Les chiffres présentés sont alarmants. Moins de la moitié des adultes lisent au moins un livre par an en dehors du travail et des études, selon le rapport 2022 du National Endowment for the Arts. Lire pour le plaisir n’est plus un passe-temps commun mais une activité de niche : la proportion d’Américains qui lisent par plaisir est passée de 28% en 2004 à 16% en 2023. Toutes les classes d’âge sont touchées, mais les jeunes tout particulièrement : de 1984 à 2025, la proportion d’adolescents de 13 ans qui ont déclaré lire rarement ou jamais pour le plaisir est passée de 8% à 29%. De plus en plus d’enfants peinent de fait à lire : les scores de lecture sont en nette diminution sur une décennie.
La grande démission
Le constat est analogue en France. L’enquête du Centre national du livre menée par Ipsos en 2025 indique que 13% des plus de 15 ans n’ont lu aucun livre au cours des douze derniers mois – un chiffre en hausse de deux points. Seuls 45% des sondés déclarent lire des livres tous les jours ou presque (en format papier ou numérique), proportion historiquement faible depuis la création de l’étude. En moyenne, les Français consacrent 31 minutes par jour, soit 3h40 par semaine à la lecture de livres, une diminution de 1h07 par semaine depuis 2023. En ordre de grandeur, les Français passent autant de temps à lire en une semaine que de temps sur les écrans chaque jour (hors travail et études). Le nombre de livres lus en moyenne chaque année s’établit à 18 – contre 22 en 2023. Les 50-64 ans sont particulièrement « touchés » par la baisse de la lecture quotidienne, avec un recul de 15 points en deux ans.