La philosophie, esprit de l’Europe

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La philosophie, esprit de l’Europe

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Cet article est issu du numéro 30 de Philosophie magazine « 30 - juin 2009 », en kiosque le 28 mai 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Une exception française, le bac philo ? Contrairement aux idées reçues, la philosophie est enseignée au lycée dans vingt-cinq des vingt-sept pays européens. Et si le principe d’unité de l’Europe tant recherché résidait, plutôt que dans de problématiques racines chrétiennes, dans notre héritage critique et rationnel – en un mot, dans la philosophie ?

Cinquante ans après sa création, on doit bien constater que l’Europe politique est toujours à la recherche d’elle-même. Elle ne rassemble pas tous les pays du continent. Elle ne sait même pas où elle s’arrête. Elle se déchire sur la question de ses racines. Elle peine à définir des principes politiques communs. Elle s’enfonce dans une désincarnation culturelle aussi maussade qu’un billet de dix euros. Et plus elle est abstraite, plus elle paraît lointaine, plus distante de nous que Madrid, Athènes ou Budapest. Or, comme dans La Lettre volée d’Edgar Allan Poe, l’objet recherché, ce principe d’unité, n’est pas forcément niché dans les replis d’une directive ou dans la dernière heure d’une négociation internationale. Il est là, mais personne ne le voit. Regardons mieux.

Les racines chrétiennes de la quasi-totalité des pays d’Europe sont bien réelles. Mais leur réaffirmation exclut un pays candidat à population musulmane comme la Turquie – qui néglige les influences non chrétiennes sur la culture – et froisse les tenants de la laïcité et les athées. Surtout, l’arbre qui a crû à partir de ces racines est bien plus vert aux États-Unis, en Afrique ou en Amérique du Sud que dans la vieille Europe, en voie de sécularisation accélérée. Il faudrait donc rechercher des racines plus fécondes et acceptables par tous. Celles-ci apparaissent cependant, en filigrane, dans la Charte des droits fondamentaux adoptée en 2000, dont le préambule insiste sur certaines valeurs « universelles » comme la dignité humaine, la liberté, l’égalité, la solidarité, la démocratie, la diversité. L’Europe se déclare « consciente de son patrimoine spirituel et moral ». C’est vague. Et pourtant si évident.

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