Le diable dans les détails
La semaine du respect
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Cet article est issu du numéro 55 de Philosophie magazine « 55 - hiver 2011 », en kiosque le 24 novembre 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Dans les quartiers dits difficiles, « respect » signifie trop souvent « pas touche ». C’est réducteur… Le respect des autres ne commence-t-il pas par soi-même ? Démonstration à La Courneuve.
La Courneuve, cité des 4 000. Plus de pharmacie, plus de bar, plus de PMU, plus de commerces. Reste le bureau de poste, poumon du quartier : dernière agence de banque, dernier lien avec l’extérieur – les familles à l’étranger, les prestations sociales, les autorités. J’ai répondu à l’invitation du directeur du bureau, monsieur Barthélémy Tshibangu, qui m’a proposé de venir à La Courneuve lors d’une semaine sur le respect.
Du respect, ici, il en faut. Au bureau de poste, presque tout fonctionne avec des automates, afin qu’il y ait le moins d’argent liquide en circulation. Pour aider les gens à se servir des automates, des agents médiateurs opèrent, extrêmement disponibles et serviables. Ce n’est pas facile pour des personnes de pays différents, parlant des langues différentes et pas forcément issues de culture écrite !
Après ma visite des lieux, je dois parler du respect à la médiathèque John-Lennon. D’habitude, ce genre de lieux s’appelle Malraux, Camus ou Neruda. John Lennon n’est probablement pas plus connu des habitants du coin. Je vois sur la porte d’entrée les affiches annonçant cette Semaine du respect. Je me demande ce que ça peut bien vouloir dire pour des gens qui ont plutôt l’habitude d’entendre parler de Semaines du cancer ou de solidarité avec la Palestine.