Entretien

Le “J-Space” de Claude ou comment l’IA se met à ressembler à la conscience

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Le “J-Space” de Claude ou comment l’IA se met à ressembler à la conscience

Lionel Naccache. © Joanna Tarlet Gauteur/Signatures pour PM

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Les chercheurs d’Anthropic ont intégré à Claude, leur modèle de langage, une modélisation de la conscience en forme d’« espace de travail neuronal global » élaboré par les neuroscientifiques. Avec des premiers résultats troublants. Lionel Naccache, partie prenante de cette expérience, nous explique.


 

Pouvez-vous nous expliquer la modélisation de la conscience que vous avez élaborée et qui a servi de base à l’expérience d’Anthropic ?

Lionel Naccache : La théorie de l’espace de travail neuronal global [Global Neuronal Workspace, ou GNW] que nous élaborons avec Stanislas Dehaene, Jean-Pierre Changeux, Claire Sergent et moi, repose sur une propriété fondamentale de la conscience soulignée par Bernard Baars dès la fin des années 1980 : la « disponibilité cognitive ». Lorsque nous prenons conscience d’une perception, d’un souvenir ou d’un sentiment, il devient immédiatement accessible à l’ensemble de nos facultés cognitives de haut niveau. On peut le nommer, s’en souvenir, en tirer une décision. La prise de conscience correspond au passage d’un espace non conscient, spécialisé, « modulaire », vers un espace conscient global : l’espace de travail neuronal. L’entrée d’une représentation mentale dans l’espace de travail global conscient expliquerait sa disponibilité cognitive. Nous avons proposé une version neuronale de cette propriété cognitive.

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