Le savoir est un jeu… vidéo
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Cet article est issu du numéro 62 de Philosophie magazine « 62 - septembre 2012 », en kiosque le 23 août 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Salman Khan représente le « futur de l'éducation » selon Bill Gates, le fondateur de Microsoft. Rien de moins. Son école virtuelle, nourrie de vidéos et d’exercices ludiques, bat en tout cas des records de connexions.
Figurer, à 34 ans, dans la prestigieuse liste du Time Magazine des cent hommes les plus influents au monde en 2012, c’est bien. Mais lorsque c’est Bill Gates lui-même, le fondateur de Microsoft, qui y signe votre éloge et vous désigne comme « le futur de l’éducation », c’est encore mieux. L’Américain Salman Khan a, à l’évidence, le vent en poupe : son école virtuelle à but non lucratif – la Khan Academy – délivre aujourd’hui pas moins de 2 200 vidéos éducatives – des mathématiques à l’astronomie en passant par l’économie –, reçoit quelque 2 millions de visites par mois et séduit de plus en plus d’élèves et de professeurs.
« L'éthique de la Silicon Valley appliquée à l'éducation : mettre au point des outils assez cool pour que profs et élèves se les approprient »
Que s’est-il passé ? Un jour de 2004, Salman Khan – formé au Massachusetts Institute of Technology et à Harvard et qui travaillait alors comme analyste pour un fonds de pension – propose à sa cousine vivant à l’autre bout des États-Unis de lui donner un coup de main en mathématiques. Les premiers cours ont lieu par écran interposé à l’aide d’un bloc-notes numérique sur lequel Khan multiplie les diagrammes et les schémas. Et lorsqu’il ne peut pas être au rendez-vous, il enregistre des vidéos. Sa cousine finit par lui avouer : « Je préfère t’avoir en vidéo qu’en vrai. » Et provoque un Eurêka : « En effet, explique-t-il, rien de pire lorsque vous travaillez à apprendre une règle que quelqu’un penché au-dessus de votre épaule vous demandant : “Tu as compris ?” Et puis ainsi, on peut me faire répéter autant de fois qu’on veut et me consulter à n’importe quelle heure. » Sa méthode s’exporte très vite au-delà du cercle familial, à mesure que les connexions sur YouTube connaissent une croissance exponentielle. Et un beau matin, Bill Gates découvre que les récents progrès en maths de ses enfants sont dus à leur fréquentation régulière – et gratuite – de la Khan Academy.