Cosmos

Le “tourisme spatial” est-il vraiment du tourisme ?

Temps de lecture : 3 min

Le “tourisme spatial” est-il vraiment du tourisme ?

Chris Sembroski, Sian Proctor, Jared Isaacman et Hayley Arceneaux, les quatre “touristes spatiaux” de la mission Inspiration 4, à bord de la fusée de SpaceX, le 17 septembre 2021. © Capture d'écran du compte Twitter : inspiration4x

Cet article est réservé aux abonnés.

Les quatre Américains qui viennent de s’élancer depuis la Floride pour passer trois jours en orbite autour de la Terre à bord de la capsule Dragon de la compagnie privée SpaceX ne sont pas des astronautes professionnels. Peut-on pour autant les qualifier de « touristes spatiaux » ? Peut-être, mais c’est au nom d’une vision bien démodée du tourisme. 

 

 

Le tourisme, acte gratuit

Le mot  « tourisme » apparaît en Angleterre entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle. Il désigne cette pratique d’Anglais fortunés accomplissant, pour le loisir et l’expérience culturelle, des excursions en Europe, qu’ils qualifient de « grand tour ». En 1873, le Dictionnaire de la langue française d’Émile Littré définit le tourisme ainsi : « Se dit des voyageurs qui ne parcourent des pays étrangers que par curiosité et désœuvrement, qui font une espèce de tournée dans des pays habituellement visités par leurs compatriotes. » Cette définition contient un élément significatif : pour être un touriste, il faut n’agir que par curiosité (ou « désœuvrement », commente sévèrement Littré) : le touriste accomplit un acte gratuit, de pur loisir, il ne doit avoir aucune arrière-pensée économique, ne pas viser d’autre but que la satisfaction et l’enrichissement intellectuel que lui procure la visite. 

Cet article est réservé aux abonnés
Les concepts liés à cet article

Cosmos