Présidentielle américaine (2/7)

« Les candidats ont des actes de langage directifs »

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Cet article est issu du numéro 19 de Philosophie magazine « 19 - mai 2008 », en kiosque le 24 avril 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Jusqu’au 4 novembre, Philosophie magazine interroge, chaque mois, un philosophe américain sur les enjeux de la campagne pour l’élection présidentielle. John Searle, spécialiste de philosophie du langage, livre son analyse du vocabulaire des candidats démocrates.

Les mots-clés des démocrates

Je parlerai davantage des démocrates que j’ai plus suivis. Les mots-clés de Barack Obama sont « neuf » (new), « changement » (change) et « être en mesure de » (can). C’est un vieux refrain : les Américains sont avides de changements qu’ils peuvent réaliser. « On peut y arriver » (We can do it) est un mantra utilisé sous diverses formes. Les expressions de Hillary Clinton sont « expérience » (experience), « qui a fait ses preuves » (tested) et « confiance » (trust). Elle s’estime qualifiée pour être présidente en raison de son expérience à Washington. Les Américains n’ont, en général, pas peur de l’avenir et la rhétorique de Barack Obama recourt à cet optimisme. Des inquiétudes demeurent sur la situation actuelle et sur la capacité à résoudre les problèmes les plus urgents. Hillary Clinton répond à ces appréhensions. C’est la principale distinction linguistique entre les deux.

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