Jeux olympiques 2024

Les olympiades d’Apollon : quand les JO récompensaient aussi les arts et les lettres

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Les olympiades d’Apollon : quand les JO récompensaient aussi les arts et les lettres

William Nicholson (1872-1949), médaille d’or des arts graphiques en 1928 pour ses “Gravures sur bois de douze sports”. © Domaine public/Rawpixel

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De 1912 à 1948, en plus des épreuves sportives, les Jeux olympiques comprenaient aussi des concours artistiques. Retour sur une tentative en demi-teinte de conjoindre le exploits du corps et ceux de l’esprit. 


 

« Ô Sport, tu es le Progrès ! Pour te bien servir, il faut que l’homme s’améliore dans son corps et dans son âme. » Saurez-vous deviner quel prix a reçu le poème dont est extrait ce piètre vers ? Il s’agit de la médaille d’or de littérature des Jeux olympiques de Stockholm de 1912. La plupart d’entre nous l’ignore, mais de 1912 à 1948, la plus célèbre des compétitions sportives internationales se double de concours artistiques répartis en cinq catégories – architecture, sculpture, peinture, musique, littérature –, elles-mêmes subdivisées en différentes épreuves variables d’une édition à l’autre (urbanisme, statuaire, dessins et aquarelles, œuvres lyriques, etc.).

Saurez-vous deviner l’auteur de cette Ode au sport couronnée lors de la première olympiade artistique ? Officiellement, le poème est signé par Georges Hohrod et Martin Eschbath. En réalité, il s’agit d’un pseudonyme : celui de Pierre de Coubertin, le père des Jeux modernes. L’idée d’introduire une compétition artistique est la sienne. Mens sana in corpore sano, dit le dicton latin : « Un esprit sain dans un corps sain. » Courbertin se la réapproprie sous la forme mens fervida in corpore lacertoso : « Un esprit ardent dans un corps musclé. »

N’était-ce pas déjà la conviction des Grecs de l’Antiquité, qui ajoutaient, à leurs différents jeux sportifs (olympiques, isthmiques, néméens) un championnat musical, les jeux pythiques ? Les compétitions athlétiques elles-mêmes, du reste, attiraient toutes les élites culturelles, souligne Coubertin dans ses Mémoires olympiques (1931) : « De cet assemblage incomparable était issu le prestige dont l’institution avait joui si longtemps. » Certains grands penseurs y participèrent, à commencer par Platon « aux larges épaules », qui aurait remporté deux prix en lutte.

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