Préhistoire
L’histoire de Tina, néandertalienne et trisomique
Image d’illustration. Néandertal était altruiste et se révèle plus proche de nous que nous le pensions. © Gorodenkoff Productions/iStockphoto
Cet article est réservé aux abonnés.
Les Néandertaliens atteints de trisomie 21 n’étaient pas abandonnés à la naissance : le groupe prenait soin d’eux. C’est ce que suggère une dépouille récemment exhumée en Espagne. Explications.
Néandertal était altruiste : c’est ce que semble révéler la découverte dans la grotte de Cova Negra, en Espagne, des restes d’une jeune homininée baptisée Tina, qui a survécu jusqu’à ses six ans en dépit du syndrome de Down (trisomie 21) dont elle était atteinte. Il apparaît certain que la jeune Néandertalienne n’aurait pu survivre sans le soutien d’autres membres de son espèce. Sa condition était « hautement invalidante » ; elle impliquait « au minimum une surdité complète, des crises de vertige sévères et une incapacité à maintenir l’équilibre ». Nous sommes face à « un cas d’individu ayant reçu de l’aide, même s’il ne pouvait pas rendre la pareille », commente le biologiste Rolf Quam. Pour les chercheurs qui ont étudié la dépouille, « il est hautement improbable que la mère seule ait pu fournir tous les soins nécessaires tout en répondant à ses propres besoins […] Le groupe a dû assister continuellement la mère, soit en la soulageant des soins de l’enfant, soit en l’aidant dans ses tâches quotidiennes, soit les deux ». Bref, il semble indéniable que les Néandertaliens « étaient capables de fournir des soins altruistes et un soutien à un membre vulnérable de leur groupe social ».