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Une histoire mondiale de l’esclavage, de la préhistoire à nos jours

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Deux Européens emmènent de force un Africain sur un bateau négrier. Gravure tirée de “The Negro's Complaint, a poem” (1826), auquel est ajoutée la mention “Pity for Poor Africans”, par William Cowper

Deux Européens emmènent de force un Africain sur un bateau négrier. Gravure tirée de “The Negro’s Complaint, a poem” (1826), auquel est ajoutée la mention “Pity for Poor Africans”, par William Cowper. © The British Library Board/Leemage

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L’esclavage, phénomène universel. Lorsqu’on entend le mot « esclavage », l’on pense immédiatement à l’esclavage du Nouveau Monde, entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques, comme si la traite atlantique était l’unique matrice permettant de penser le fait esclavagiste. Historiquement, c’est pourtant tout sauf le cas. Sans minimiser l’horreur du commerce triangulaire, le geste comparatiste de la formidable enquête historique dirigée par Paulin Ismard, Les Mondes de l’esclavage. Une histoire comparée (à paraître le 16 septembre aux Éditions du Seuil) évite, justement par son exhaustivité, de tomber dans l’écueil de la guerre des mémoires ou de la neutralisation stratégique des différences.

 

Dans la première partie du volume, on découvre que les premières traces attestées de l’esclavage datent du 2e millénaire avant notre ère, en Haute Mésopotamie. Les esclaves étaient pour la plupart domestiques (officiant dans les palais ou les demeures des élites), prisonniers de guerres et ne jouaient qu’un rôle mineur dans l’économie.

Côté européen, l’île de Chios « fut la première société esclavagiste de l’histoire des cités grecques ». En s’appuyant sur une importation et une utilisation massive d’esclaves étrangers, l’île a su faire fleurir son économie. Jusqu’à la fin de l’Antiquité, l’esclavage continuera ainsi de jouer un rôle central dans l’économie du monde gréco-romain.

En revanche, l’Inde ancienne (du VIe au IIIe siècle avant notre ère), déjà fortement hiérarchisée par le système des castes, ne qu’un fait qu’un usage limité de l’esclavage, lequel pouvait d’ailleurs être temporaire (par exemple en cas de dette).

En se dirigeant vers la Constantinople du VIe siècle, l’on découvre avec surprise la puissance des esclaves eunuques libérés, semblables à un véritable corps d’État.

On atteint ensuite le sujet brûlant des débuts de la conquête islamique au VIIe siècle, laquelle s’accompagna d’une immense traite arabo-musulmane : dès les premiers siècles, « des milliers de sujets conquis furent réduits en esclavage puis transportés vers et à travers le califat naissant ». Cette traite ne reposait pourtant pas sur un esclavage racialiste, mais plutôt sur un esclavage domestique, incluant l’exploitation sexuelle des femmes, et un esclavage militaire.

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