La lettre du lundi
Marine dolorosa
Marine Le Pen quitte le palais de justice de Paris, le 31 mars 2025. © Cyril Pecquenard/Sipa
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« On avait un peu oublié le Rassemblement national depuis l’été dernier. Et après le décès de son père, Marine Le Pen paraissait en retrait. Elle refait brusquement irruption dans nos esprits ce matin, à sa manière : explosive et incarnée. Car chez les Le Pen, la politique est toujours dramatique – à moins qu’elle ne soit tragique. C’est d’ailleurs ce qui fait son succès.
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J’ai regardé en direct à la télévision son départ précipité du tribunal, avant même que la juge ait fini d’énoncer le verdict. Lorsqu’elle a appris qu’elle était reconnue coupable, condamnée à la prison et déclarée inéligible – mais sans attendre de savoir pour combien de temps –, Marine Le Pen a claqué la porte. Légèrement voûtée, elle a quitté le bâtiment, lèvres serrées et regard fermé. À la sortie, elle a tourné la tête vers la droite, semblant chercher un secours qui n’est pas venu, avant de monter dans la voiture qui l’attendait. Les journalistes de la chaîne d’information se demandaient si son geste de ras-le-bol était une réaction impulsive ou recélait une signification politique, la mise en accusation d’une justice jugée politique. C’était les deux. Et ce genre de mélange définit depuis très longtemps l’identité de la cheffe de file du RN.