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Charles Melman : “Chez les Le Pen, le drame du père n’intéresse plus la fille”

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Charles Melman : “Chez les Le Pen, le drame du père n’intéresse plus la fille”

(cc) David Monniaux / Wikimedia Commons

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Cet article est issu du numéro 90 de Philosophie magazine « La santé, c'est dans la tête ? », en kiosque le 28 mai 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Suite à sa suspension du parti qu’il a créé, Jean-Marie Le Pen a répudié sa fille Marine à qui il a demandé de « lui rendre son nom ». Le psychanalyste Charles Melman revient sur cette crise « œdipienne ».

Le conflit, au sein du FN, est-il familial ou politique ?

Charles Melman : La question est au cœur de l’histoire du FN. Qu’il s’agisse de l’organisation de ce parti où le commandement semble revenir de façon quasi héréditaire à la famille Le Pen, ou de la conception que ce parti se fait de la nation, réduite à une tribu, les conflits ont toujours été placés sur le terrain tribal des relations entre membres d’une famille, et non sur le terrain des divergences politiques. Jean-Marie Le Pen n’a jamais cherché à s’inscrire dans le champ politique afin d’exercer le pouvoir, il a toujours poursuivi un contentieux centré autour de la vengeance qu’il entendait exercer au nom de ce que furent ses préférences pour la collaboration de Pétain et pour l’OAS. La poursuite de ce contentieux l’a conduit à contrecarrer la venue au pouvoir de la droite gaullienne. Sa présence au second tour de l’élection présidentielle face à Jacques Chirac, en 2002, est un accident malheureux qu’il n’avait pas souhaité. Or le contentieux qu’il poursuit est aujourd’hui dépassé. Il appartient à l’Histoire. Voilà pourquoi Marine Le Pen a voulu y mettre le holà. Le drame du père n’intéresse plus la fille, pour des raisons personnelles autant que politiques. Elle s’en émancipe pour intégrer une forme de « normalité ».

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