Theâtre

Mourir, c’est apprendre à philosopher

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Crane-Declerck

“Crâne” de Patrick Declerck © Beata Szparagowska

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Une compagnie de théâtre belge monte “Crâne”, le récit du philosophe et psychanalyste Patrick Declerck, confronté à la mort. Elle le met en scène avec intelligence, dans un spectacle à voir au Off d’Avignon puis en tournée en France.

Sous ses dehors patibulaires, Patrick Declerck est un désopilant clown triste, sûr de n’être à lui-même « autre que sa propre illusion ». D’une hasardeuse opération du cerveau afin d’ôter une tumeur cancéreuse, ce philosophe et psychanalyste a tiré un récit vigoureux, traversé de bout en bout par une réflexion sur l’existence : Crâne (Gallimard, 2016). 

Ce crâne est le sien, ouvert sur la table d’opération, lors d’une chirurgie éveillée, et celui de Yorick, que tient Hamlet entre ses mains, ce maître shakespearien « en tristesse et en dérisoire déception », ce philosophe en puissance hanté par la métaphysique.  

 

Épreuve de philosophie appliquée

Avec cinq comédiens, Antoine Laubin monte une brillante adaptation de ce « comique hospitalo-troupier » au Théâtre des Doms, à Avignon dans le cadre du Off d’Avignon (puis en tournée en Belgique et en France). À tour de rôle, ils incarnent sans faiblir trois état du narrateur mais aussi le chirurgien et le personnage d’Alexandre Nacht, un double de l’auteur. 

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