La mort
Mourir ? Vous n’y pensez pas !
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Cet article est issu du numéro 44 de Philosophie magazine « 44 - novembre 2010 », en kiosque le 28 octobre 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Face à la mort, comment nous conduisons-nous ? Notre sondage exclusif Philosophie magazine/TNS-Sofres est éclairant : en grande majorité, nous faisons comme si de rien n’était. L’occasion d’employer à bon escient l’expression « nation d’épicuriens » au sujet des Français ?
Ne pas craindre la mort… et d’abord profiter de la vie ! Telle semble être l’attitude des Français. Parmi les huit affirmations proposées, quatre relèvent d’une attitude épicurienne – penser le moins possible à la mort pour mieux jouir de la vie –, et quatre autres, d’une perspective pascalienne – préoccupée par la mort. Or, le résultat est clair. Les quatre premières (« ne pas y penser », « craindre plus la maladie », « préférer l’euthanasie », « vivre pleinement pour ne pas la craindre ») totalisent une moyenne de 71 %. Tandis que les autres (« l’affronter en toute lucidité », « se sentir progressivement en paix avec elle », « y trouver la valeur de la vie », « considérer qu’on l’oublie trop ») totalisent une moyenne de 25 %. D’où notre conclusion : les Français sont des épicuriens convaincus : toutes catégories d’âge, de classe ou de sexe confondues, ils souhaitent éloigner cette funeste perspective. Comme si, avec la longévité accrue, la mort n’était plus un horizon existentiel fondamental. Même les catholiques pratiquants sont 64 % à se détacher de cet horizon. L’euthanasie est de plus en plus acceptée : 1 Français sur 3 l’associe régulièrement à la mort. Seuls les catholiques pratiquants sont un peu moins ouverts (5 % de moins que les « sans religion »). Bref, les Français ne veulent plus rien consacrer à la mort : ni pensée, ni angoisse, ni derniers instants.