Pendant que j’y pense / été 2018

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Cet article est issu du numéro 121 de Philosophie magazine « Pourquoi avons-nous besoin d’être aimés ? », en kiosque le 05 juillet 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Faire le plein du vide, et vider le trop-plein, peut-être est-ce cela, des vacances bien remplies ? De même que Cyrille Javary nous invite à comprendre l’opposition entre yin et yang comme la fusion yin-yang, nous pourrions vivre cet été au rythme vide-plein, oubli-plaisir, lâcher-reprendre : le bon tempo pour lire, délivrés de l’agitation de l’actualité mais concernés par le brûlant du monde. Notre moisson d’ouvrages résonne avec les grands sujets d’intérêt, d’inquiétude ou de débats de l’année. Voici de quoi y penser, frontalement ou en oblique, en plongeant philosophiquement dans la longue histoire ou dans l’imagination, dans le rêve ou dans l’expérience. Si l’époque semble à la fois confuse et tranchante, Jean-Louis Chrétien en donne peut-être la tonalité exacte : Fragilité. Fragile, l’Europe, fragiles les relations hommes/femmes abîmées par la violence, fragile surtout la Terre. En avril dernier, l’État a détruit, façon Roundup contre la broussaille, la ZAD de Notre-Dame-des-Landes qui refusait depuis dix ans « l’aéroport et son monde ». Éloge des mauvaises herbes (paru aux éditions Les Liens qui Libèrent, 208 p., 15 €) : sous ce juste titre, la journaliste Jade Lindgaard a coordonné un excellent collectif d’intellectuels, d’artistes, d’écrivains (David Graeber, Bruno Latour, Virginie Despentes, Kristin Ross…) qui disent « ce que nous devons à la ZAD ». Là, sur ces quelques hectares de bocage, analyse le philosophe Olivier Abel, se défendait et s’inventera encore « un laboratoire de la fragilité ».