2006-2026 : une histoire philosophique des vingt dernières années
2018 : les “gilets jaunes”, incarnation d’une colère ou révolution démocratique ?
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Cet article est issu du numéro 200 de Philosophie magazine « On change d'ère ? “Philosophie magazine” a 20 ans ! », en kiosque le 04 juin 2026. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
L’événement
17 novembre 2018 . Des milliers de manifestants vêtus de gilets de sécurité jaunes bloquent routes et ronds-points à travers la France pour protester contre la hausse de la taxe sur les carburants. Le mouvement s’élargit rapidement en contestation sociale du quinquennat d’Emmanuel Macron.
Making-of
Quand éclate le mouvement des « gilets jaunes », nous nous souvenons d’un essai du philosophe Peter Sloterdijk, Colère et Temps (2012). Il y explique que les partis communistes ont représenté pour les classes populaires européennes une « banque centrale de la colère ». Après leur déclin, la colère n’étant plus centralisée, régulée, elle est donc vouée, selon lui, à se diffuser de manière chaotique sans accoucher de révolution.
Extraits du n° 126
Chantal Delsol : “le divorce entre l’élite et le peuple”
« Toute société se compose d’une élite et d’un peuple, et l’une des finalités du politique consiste à préserver entre les deux la concorde. Celle-ci dépend d’une culture commune : l’élite et le peuple peuvent vivre en bonne intelligence, non pas quand toutes les inégalités ont été abolies, mais quand elles ont une culture commune. Aujourd’hui, la différence culturelle est surtout idéologique : l’élite est cosmopolite et postmoderne, le peuple est conservateur et enraciné. Pour reprendre une phrase récente, l’élite se préoccupe de la fin du monde et le peuple de la fin du mois. Seulement, c’est l’élite qui décide de tout sans consulter le peuple : elle veut imposer au peuple, qui n’en peut mais, une utopie du mondialisme, du principe de précaution et de la santé parfaite. D’où la fureur. »