Bernard Stiegler : “Repenser une politique industrielle à l’ère de l’Anthropocène et de l’automatisation”

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Bernard Stiegler (cc) Wikimedia Commons / Joseph.Paris

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Cet article est issu du numéro 126 de Philosophie magazine « Qu’est-ce qu’une saine colère ? », en kiosque le 10 janvier 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Pour ce penseur de la technique, le mouvement “gilets jaunes” met en lumière le besoin criant d’une nouvelle politique qui valoriserait le travail plutôt que l’emploi. Parmi ses propositions, la généralisation à l’ensemble des salariés du régime des intermittents du spectacle.

« J’ai été frappé par l’évolution rapide du mouvement des “gilets jaunes”, par la manière dont il se présentait et dont il a été perçu. Au début, les occupations de ronds-points faisaient penser au phénomène des Tea Partys aux États-Unis, qui a préparé l’élection de Donald Trump, et à cette déclaration stupéfiante de Sarah Palin : ‘‘J’aime respirer l’odeur des gaz d’échappement !’’ Cependant, et malgré la présence de l’“ultra-droite” qui est bien sûr très dangereuse, l’essor de ce mouvement a évolué positivement – et de façon très inattendue. Comparés avec la scène “protestataire” bien connue en France depuis des décennies, les “gilets jaunes” sont de toute évidence un événement tout à fait singulier et très intéressant, au-delà de ses extrêmes ambiguïtés. Parmi les revendications énoncées par ces manifestants sans leader, la proposition de créer une assemblée délibérative pour la transition écologique est particulièrement illustrative de ce que ce mouvement porte en lui de foncièrement neuf. Et cela a été confirmé par un signe encourageant – qu’il faut certes interpréter sans illusion – : la jonction, à Bordeaux, le 8 décembre, de leur manifestation avec la Marche pour le climat.

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