Peuple

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Cet article est issu du numéro 79 de Philosophie magazine « 79 - mai 2014 », en kiosque le 24 avril 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Notions associées Race / sang / antisémitisme / famille / socialisme national

Éléments de langage

« Vrai peuple » contre élites / révolution nationale / gauche du travail, droite des valeurs / politiquement correct médiatique / « Ein Volk, ein Reich, ein Führer »

 

À quoi cela s’oppose ?

La notion de peuple élaborée par Rousseau, Marat, Michelet ou Jaurès se situe au cœur de notre modernité. Elle s’inscrit dans les cadres de la nation, du progrès, des liens fraternels et solidaires. C’est un sens tout différent, identitaire, exclusif et mythique, que lui donne la pensée fasciste.

 

Penseurs clés

Les théoriciens de la race défont à la fois l’unité du genre humain et les distinctions traditionnelles entre les peuples. Arthur de Gobineau, dans son Essai sur l’inégalité des races humaines, distingue les races noire, jaune et blanche, et affirme la supériorité de la dernière. Mais il dissout aussi la cohésion interne des peuples lorsqu’il affirme qu’un peuple entre en dégénérescence « parce qu’il n’a plus dans ses veines le même sang, dont des alliages successifs ont graduellement modifié la valeur ». Le métissage et la dégradation intérieure en sont la cause. La notion de race fait donc exploser le sens traditionnel que l’on accolait au mot peuple.

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