Hors-série “Petit traité des vices”
Samantha Jones ou le luxe de la luxure
Samantha Jones, Don Juan au féminin de “Sex and the City”. © HBO
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Cet article est issu du Hors-série n°67 de Philosophie magazine « Petit traité des vices à l’usage des honnêtes gens », en kiosque le 20 novembre 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Elle collectionne les aventures avec une nonchalance libératrice. Sauf que Samantha Jones, de Sex and the City, est une femme, et que la société l’accuse de malmener sa féminité en se comportant « comme un homme ». Peut-on sortir de cette contradiction ? Réponse avec Simone de Beauvoir.
Le portrait : l’hédonisme fait femme
Avec combien d’hommes Samantha Jones a-t-elle couché ? Sur les forums dédiés à Sex and the City, le débat fait rage. Trente, cinquante, cent quarante durant les six saisons de la série qui a révolutionné la représentation de la sexualité féminine sur petit écran ? Au fond, le décompte importe peu et fait même partie du problème dénoncé par la série. Pourquoi une femme devrait-elle se justifier ? Samantha est libre, point. Elle aime le sexe. Contrairement à ses amies Carrie, Charlotte et Miranda, la dernière chose à laquelle elle rêve est qu’on lui passe la bague au doigt.
Quand la série débarque en 1998, l’actrice Kim Cattrall a 40 ans révolus. Un âge où, dans certaines fictions américaines, les femmes sont en passe de devenir grand-mère. Autant dire qu’imaginer une quadra perchée sur ses talons se faire retourner dans tous les sens par un Apollon croisé au coin de la rue a eu quelque chose de rafraîchissant. Exubérante, piquante, sublime, Samantha possède en outre sa propre boîte de relations publiques. Tout lui réussit et, comme elle est drôle, en plus, ses succès n’ont rien d’agaçant. On ne peut qu’adorer celle qui obéit à un unique principe : « Je porterai ce que je veux et sucerai qui je veux tant que je pourrai respirer et m’agenouiller. »