Stratagème n°13. Mettez-vous en colère
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Cet article est issu du numéro 55 de Philosophie magazine « 55 - hiver 2011 », en kiosque le 24 novembre 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Comment s’en servir
Lorsqu’un débat se déroule si mal que vous n’avez plus aucune chance de convaincre l’auditoire par de nouveaux arguments, affectez la colère en haussant le ton, en jetant un objet par terre, en vous disant outré par les procédés de votre interlocuteur. L’effet escompté est double : désarmer l’adversaire par un changement brutal d’attitude ; faire douter le public en lui suggérant qu’il n’a pas perçu que votre contradicteur tenait des propos scandaleux. L’important est de ne pas se laisser déborder par la colère. Ainsi, dans les Tusculanes, Cicéron rappelle qu’« un orateur qui sera vraiment orateur, aura plus de véhémence qu’un comédien, mais sans passion et toujours de sang-froid ». Si vous n’omettez pas ce rappel, soyez persuadé que la crainte que vous susciterez en vous emportant soudainement vous redonnera l’avantage. Car, pour que votre colère cesse et ne se transforme pas en agression physique (telle celle de Napoléon donnant un coup de pied dans le ventre du sénateur Volney !), votre vis-à-vis sera prêt à vous accorder n’importe quoi. Faites alors monter le prix de votre apaisement en déclarant à l’assistance que vous ne décolérerez pas si l’on ne vous accorde pas l’égalité de points. Et, peut-être, votre adversaire lui-même, trop heureux de ne pas devoir en venir aux mains, fera cette concession.