Stratagème n°43. Changez de vitesse !
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Cet article est issu du numéro 85 de Philosophie magazine « 85 - décembre 2014-janvier 2015 », en kiosque le 27 novembre 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Comment s’en servir
Un bon moyen de gagner un débat consiste à imposer son rythme à la discussion. Pour répondre à votre adversaire, vous êtes libre d’être spontané ou de prendre le temps de la réflexion. Vous pouvez donc le désarçonner en adoptant une vitesse d’énonciation opposée à la sienne. Ainsi, s’il parle vite, prenez votre temps. Vous vérifierez que, pour quelqu’un pressé d’en finir, rien n’est plus agaçant que de voir son interlocuteur faire durer le silence avant de parler et marquer une pause entre chaque étape de son argumentation. Inversement, si c’est votre adversaire qui manifeste une lenteur d’escargot, répondez du tac au tac afin de le surprendre par la rapidité de votre contre-attaque. Vous transformerez alors son silence en hésitation. Dans le premier cas, vous paraîtrez plus posé que votre détracteur et habile à dissoudre la véhémence de ses attaques ; dans le second, vous manifesterez une vivacité dont il semble dépourvu. Mais, idéalement, jouez sur les deux registres et alternez vitesse et lenteur. C’est ce que faisait Socrate qui tantôt assumait d’être lent et bavard pour énerver les sophistes, tantôt se voulait vif comme « un taon attaché au flanc d’un cheval de grande taille et de bonne race, mais qui se montrerait un peu mou en raison même de sa taille et qui aurait besoin d’être réveillé par l’insecte » (Apologie de Socrate).