Cinéma

Superman : un héros de la “middle class”

Temps de lecture : 4 min

Superman : un héros de la “middle class”

James Corenswet dans “Superman”, de James Gunn. Tous droits réservés © 2025 Warner Bros. Entertainment © DC

Cet article est réservé aux abonnés.

Surhomme, golem ou messie, le double bodybuildé de Clark Kent incarne le fantasme de l’assimilation à la nation américaine. À l’occasion de la sortie d’un nouvel opus au cinéma, Superman, réalisé par James Gunn, nous vous proposons de découvrir cette analyse inédite ici du spécialiste de la bande dessinée Didier Pasamonik, extraite des archives de notre hors-série spécial BD, « La vie a-t-elle un sens ? ».


 

Jules Feiffer, le grand cartoonist et éditorialiste du Village Voice, ancien assistant de Will Eisner (The Spirit), connaissait très bien les créateurs de Superman, le scénariste Jerry Siegel et le dessinateur Joe Shuster. Peut-être même parlaient-ils yiddish entre eux. Jerry Siegel, né en 1914 à Cleveland dans l’Ohio, est en effet issu d’une famille d’immigrés juifs lituaniens (son père se nommait Mikhel Segalovich). Il y rencontre Joe Shuster, qui est également d’origine juive, hollandaise par son père, ukrainienne par sa mère. Selon Feiffer, Jerry Siegel a été le témoin de la naissance aux États-Unis du courant fasciste, violemment antisémite, comme son équivalent allemand. Face aux prêches radiodiffusés du père Coughlin ou aux meetings du Christian Front et de l’America First Commitee [lire notre article retraçant l’histoire du fascisme aux États-Unis], écrit Feiffer, « il devait avoir l’impression d’appartenir à une autre planète ».

Cet article est réservé aux abonnés