Élections présidentielles américaines

Susan Brison : “Donald Trump s’inscrit ostensiblement dans le spectre du fascisme”

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Susan Brison : “Donald Trump s’inscrit ostensiblement dans le spectre du fascisme”

Donald Trump lors d'un rassemblement de campagne au Santander Arena, mercredi 9 octobre 2024, à Reading, en Pennsylvanie, USA. © Alex Brandon/AP/Sipa
 

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À une semaine de l’élection présidentielle américaine, alors que Donald Trump, en dépit d’une campagne de plus en plus agressive, gagne chaque jour du terrain dans les sondages, nous avons interrogé la philosophe Susan Brison sur les accusations de fascisme lancées à son encontre par son adversaire démocrate Kamala Harris. 


Comment définiriez-vous le fascisme ? Et en quoi Trump peut-il être qualifié de fasciste ? 

Susan Brison : Le fascisme est un spectre assez large qui regroupe autant des mouvements politiques qu’une rhétorique et des stratégies politiques. Je le définis comme une forme d’ultranationalisme autoritaire qui invoque un passé mythique où un certain groupe racial, ethnique ou religieux occupait le sommet de la hiérarchie socio-politique, économique et culturelle, et où il méritait d’y être à ses propres yeux. En raison de sa présumée supériorité par rapport aux autres groupes, il serait légitime à rétablir sa domination. Sur cette base, je considère en effet que Trump est le défenseur d’une idéologie fasciste et qu’il utilise des stratégies fascistes pour obtenir et garder le pouvoir politique. Je ne pense pas qu’il ait commencé sa carrière politique comme fasciste, ni qu’il ait basculé à un moment précis, mais il l’est incontestablement devenu de plus en plus au fil des années. 

 

“Dans son débat face à Kamala Harris, Trump ne prétendait pas dire la vérité. Il lui a suffi de faire appel à l’émotion, à la peur et au mépris envers le gouvernement – une stratégie typique du fascisme”

Vous venez de distinguer l’idéologie et la stratégie. Pourriez-vous préciser cette distinction ?

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