Téranga

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Cet article est issu du numéro 125 de Philosophie magazine « Et vous, comment faites-vous la fête ? », en kiosque le 28 novembre 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Langue d’origine : wolof

Dans cette langue parlée au Sénégal, en Gambie et en Mauritanie, la Téranga désigne l’hospitalité. Mais le mot dit beaucoup plus. Issu de Teral : la « terre » ou l’ « arrivée », il rappelle que cette région du monde a toujours été un lieu de brassage des peuples et des cultures. La Téranga, plus qu’une valeur, est un état d’esprit : malgré les différences ethniques (Wolofs, Séréres, Toucouleurs, Diolas) et religieuses (islam, christianisme, animisme), au Sénégal, l’étranger, d’où qu’il vienne, doit se sentir chez lui. Enseignée très tôt aux enfants (par exemple, dans des contes où le lion donne à manger à la hyène), la Téranga ne se réduit pas à l’accueil de l’autre, au fait de lui offrir nourriture et logis. Elle est aussi une manière d’être, un « laisser venir à soi ». C’est pourquoi l’on dit qu’il faut donner sa chance à la Téranga, la creuser, l’écouter. Fierté d’un peuple qui emploie ce concept aussi bien dans son programme éducatif que pour désigner l’équipe nationale de football sénégalaise (les « Lions de la Téranga »), la Téranga fait de la chaleur humaine une raison d’être.